samedi 17 mars 2012

René Guénon - 1946 - Aperçus sur l'Initiation


Pdf au format texte :


Errata (non exhaustif)
Éditions traditionnelles 1953 - version actuellement en vente -

Ci-dessous quelques erreurs confirmées par une comparaison avec le texte des articles originaux parus au Voile d'Isis/Études Traditionnelles. Les morceaux qui manquaient sont surlignés en vert, ceux qui étaient en trop en rouge.


p. 59, l. 33 (comparé avec l'article correspondant de décembre 1932) :
et, si la connaissance de ce qui reste d’une telle tradition peut avoir encore un certain intérêt théorique

p. 80, l. 40 (comparé avec l'article correspondant d'octobre 1934) :
où il affecte tout ce qui subsiste encore d’organisations pouvant revendiquer un caractère authentiquement initiatique, même si, comme on ne le constate que trop souvent

p. 122, l. 40 (comparé avec l'article correspondant d'octobre 1935) :
dire que finalement le mythe ne fut plus, au moins pour le plus grand nombre, qu’un symbole incompris, ce qu’il est resté pour les modernes.

p. 127, l. 22 (comparé avec l'article correspondant d'octobre 1935) :
et, comme l’inexprimable est en même temps et par là même l’incommunicable

p. 137, l. 22 (comparé avec l'article correspondant de février 1937) :
donc qui ne sont aucunement liées à l’accomplissement d’un rite quelconque, ; si on en est venu à les décorer du nom de rites,

p. 145, l. 27 (comparé avec l'article correspondant de mars 1937) :
s’il y en a, mais à ceux mêmes qui les accomplissent, et qui, quand ils sont sincères (nous n’avons à nous occuper que de ce cas,

p. 155, l. 17 (comparé avec l'article correspondant de juin 1935) :
dans l’ordre psychique, si bien que c’est là, en somme tout ce qu’il est réellement possible d’en faire

p. 178, l. 31 (comparé avec l'article correspondant de juin 1934) :
est à la fois une mort et une naissance, selon qu’on l’envisage, d’un côté ou de l’autre

p. 210, l. 33 (comparé avec l'article correspondant d'avril 1933) :
cette connaissance n’est possible que parce que l’être qui est un individu humain dans un certain état contingent de manifestation est aussi autre chose en même temps : il. Il serait absurde de dire que l’homme,

p. 215, l. 12 (comparé avec l'article correspondant de juin 1933) :
vis-à-vis de la connaissance initiatique, alors qu’elle n’a et ne peut avoir véritablement

p. 223, l. 37 (comparé avec l'article correspondant de février 1940) :
Seulement, en fait, il faut tenir compte de certains cas de dégénérescence, où, personne n’étant plus capable d’appliquer les critères réels

p. 228, l. 1 (comparé avec l'article correspondant de mai 1937 ) :
par un ancien membre de certaines organisations d’un caractère essentiellementparticulièrement suspect

p. 229, l. 17 (comparé avec l'article correspondant de mai 1937 ) :
non point avec un principe transcendant ou avec les états supérieurs de l’être, mais tout simplement avec la « lumière astrale »,

p. 255, l. 26 (comparé avec l'article correspondant de janvier 1931) :
au domaine des « petits mystères », le seul dont ils avaient la connaissance, et présentant faussement ceux-ci comme la doctrine totale









28 commentaires:

  1. Bonjour,

    En librairie je suis tombé sur un ouvrage de Louis de Maistre appelé René Guénon et les supérieurs inconnus, je n'ai jeté qu'un coup d'oeil rapide et l'ouvrage est trop onéreux. Vu que Guénon parle très rapidement de ça dans cet ouvrage je me demandais si vous l'aviez lu et si cela peut valoir le coup, je ne sais pas si c'est un travail à charge ou une analyse d'un sujet particulier.

    Bon week end à vous.

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  2. Bonjour,

    j'y ai jeté un œil, sans l'avoir lu complètement. D'après ce que je me souviens c'est un énième travail angoissé de recherche policière sur René Guénon. L'auteur spécule beaucoup pour pas grand chose, comme beaucoup d'autres, qui passent leur temps à fouiner dans les poubelles, pour finalement démontrer malgré eux que ce n'est manifestement pas le meilleur endroit pour comprendre quoi que ce soit de profond, constat bien maigre qui ne demandait pas tant d'efforts. Mais ces efforts ne sont pas dirigés vers un but sain de réelle compréhension, mais plus de dénigrement déçu de ce qu'on n'arrive pas à comprendre. Si vous voulez lire directement ce que Guénon a dit des supérieurs inconnus, en plus de ce qu'il y a dans l’œuvre signée Guénon, vous pouvez consulter le recueil du Sphinx disponible ici.

    Merci, bon weekend à vous.

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  3. Ah ok, c'est le sentiment que j'ai eu en lisant quelques lignes et par mes recherches de résumé sur le net. J'espérais que ce serait un approfondissement de cette élément, mais ça avait l'air assez tourné théorie du complot "Guénon agent secret de l'Agartha contre les méchants mais pas si gentil que ça", avec encore le détournement de ce thème. Il y'a un coté un peu Dan Brown dans les écrits qui tourne autour de lui, en plus d'un certain business qui a l'air de commencer à émerger autour du personnage, c'est dommage. La seul personne que j'ai pu entendre fournir des critique sur le fond c'est Vivenza, notamment sur le rite écossais rectifié, mais ce sont des discussions qui concernent les francs maçons.

    Merci pour l'indication, je vais jeter un oeil aux signature du Sphinx.

    D'ailleurs je me permet de vous poser une question à laquelle je n'ai pas encore vraiment trouvé de réponse ; je n'ai pas vraiment compris pourquoi Guénon à écrit pour la France Antimaçonnique à un moment où lui même fréquentait ces milieux. Je me doute que ce n'est pas contre l'ensemble du corps mais contre certaines dérives, mais je n'ai pas vraiment compris pourquoi il s'est exprimé dans une revue qui revêtait des positions politiques relativement à l'opposé de ce qu'il a pu écrire plus tard. Peut on parler d'une erreur de jeunesse ou y'a t-il une logique réelle?

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  4. Oui, en fait le but du ou des auteurs de ce livre semble être précisément de tenter de faire passer Guénon pour un contre initié en l'amalgamant à des contre initiés véritables. Le sujet des "supérieurs inconnus" a été sûrement été choisi parce qu'il suscite la curiosité, et que dans la France Antimaçonnique le Sphinx l'utilise pour désigner à la fois les initiés véritables et les contre initiés, selon les occasions.

    Quel est le fond chez Vivenza que vous évoquez?

    Trouvez vous que les écrits du Sphinx soient antimaçonniques?

    Je vois la publication de textes dans cette revue par le Sphinx comme une opportunité de s'adresser à un public de traditionalistes antimaçons, de même que les textes de Palingénius s'adressaient à des néo-spiritualistes. A la lecture des textes publiés sous ces différentes signatures, j'ai constaté pour ma part que le fond n'était pas différent, et que c'était plutôt le milieu qu'elles visaient qui l'étaient.

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  5. Donc c'était bien une question de public. Je ne parlais pas des propos mais du lieu pour les exprimer, ça se sera sûrement fait au dépend de ceux qui pensaient pouvoir rallier Guénon à leur maison, je pense notamment à Maurras qui l'avait visiblement gardé un peu en travers.

    Pour ce qui concerne Vivenza il s'agit d'une conférence portant sur le caractère traditionnel du régime écossais rectifié que visiblement Guénon avait jugé comme non suffisamment rattaché à la tradition, et il tente de démontrer qu'à ce titre Guénon s'est trompé en retraçant le rattachement entre Willermoz et Martinez de Pasqually. Je ne prend pas parti outre mesure sur ces questions, je ne suis pas concerné par la Franc Maçonnerie, mais en tous il n'y pas de tentative de démontrer une erreur à partir du trauma de la petite enfance où je ne sais quel vision personnalisante. Ca n'est que du débat de doctrine.

    Dans cette veine des articles hors oeuvre je serais également curieux de voir ses cours de philosophie également.

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  6. En fait c'est même un bouquin, au cas où ça vous intéresse http://www.philosophe-inconnu.com/Livres/nouv_guenon_rer.html, je voulais vous transmettre un lien video mais je n'en trouve plus en dehors du site Baglis.

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  7. Ca suggère que la bonne ou mauvaise réception de Maurras ne devait pas faire partie des choses jugées importantes par Guénon. Mais où avez vous lu que Maurras savait qui était le Sphinx?

    Merci, j'allais vous le demander, en effet ça doit être une conférence payante. Il n'est pas dit grand chose dans le résumé, les positions de Vivenza n'y sont pas justifiées, enfin il essaie quand même apparemment d'attaquer Guénon sur des histoires de biographie en tentant de soumettre ses positions à des circonstances du moment. C'est faible, parce que Guénon parlera plus tard, et sous sa propre signature, de ce sujet là, sans qu'il y ait contradiction.

    Guénon n'a jamais nié le rattachement de Willermoz au système de Pasqually, c'est le fait de faire dériver le RER de ce dernier qui n'a pas de sens, le système de Pasqually étant tombé en sommeil bien avant la réforme de Willermoz qui portait sur la SOT.

    Pour les cours de philosophie, je ne les ai pas sous une forme acceptable (le livre d'Archè est très fautif dans la retranscription, indépendamment de ses autres défauts). Enfin je ne sais pas si je les mettrai en ligne, ils me semblent devoir être distingués nettement de l’œuvre publique, je ne remets pas en cause leur origine ni la valeur de leur contenu, mais ce sont des cours pour des élèves.

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  8. Maurras se rapproche beaucoup de Guénon dans les dénonciations du modernisme, comme Barrés d'ailleurs et nombre d'auteur qualifié à tort où à raison d'extrême droite, bien que ce terme ne signifie pas grand chose au final, surtout aujourd'hui. Je ne sais pas si Maurras a connu ses écrits sous le Sphinx ou sous le nom de Guénon mais en tous cas le dépassement de la raison est une chose qu'il n'a pas digéré, d'où une phrase ironique où il disait "Guénon est empêtré dans ses manvantaras", alors qu'à la base je sais qu'il a été très réceptif au discours sur l'occident et sur les dérives de la FM. De toute manière c'est le sort des auteurs hors norme au sens propre du terme, surtout là où ce n'est pas une pensée vraiment personnelle, chacun y voit ce qu'il veut voir et tire la couverture vers lui.

    Pour les cours de philosophie ce n'est qu'une curiosité de ma part, je ne savais même pas qu'il y avait un livre la dessus. Je sais que les publicateurs officiels ne sont pas très correct quant à la préservation des écrits, mais c'est devenu une manie dans l'édition de changer certains termes jugés inaptes ou dérangeant par des individus qui s'auto octroient cette compétence. Mais là encore ce n'est pas propre qu'à Guénon.

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  9. Oui ce sont des traditionalistes, la critique du monde moderne leur plaisait, quant à leur réceptivité sur la critique des dérives de la Maçonnerie, j'ai l'impression que c'est simplement parce que c'étaient des antimaçons.

    A ce qu'il paraît il n'a été édité que partiellement. Je ne peux pas comparer, n'ayant pas le texte original, mais on constate déjà en lisant le recueil d'Archè de nombreux problèmes de ponctuation, je ne conseillerais à personne de l'acheter. Pour ce qui est de modifications intentionnelles des textes sans accord de l'auteur, concernant Guénon je connais juste l'exemple que j'ai cité dans l'ébauche d'errata du recueil posthume "études sur l'Hindouisme". Sinon du vivant de Guénon, il lui a paraît-il été demandé par son éditeur de retirer de l'Introduction générale tout ce qui critiquait les allemands, dans les années 30, par crainte de représailles ou quelque chose de ce genre, ce qui a conduit à retirer divers passages dont le plus gros est le chapitre sur l'influence allemande.

    D'après ce que j'ai vu, les autres modifications qui ne sont pas de l'initiative de Guénon sont de simples erreurs d'inattention (oublis ou mots différents) ou des bricolages bizarres pour essayer de faire un livre fait de chapitres, à partir d'articles indépendants. Manquements venant des compilateurs, des typographes, ou des éditeurs selon les cas.

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  10. Le PDF lui même contient des fautes, dues à la ROC, lors du scan.

    Globalement, des ponctuations en trop ou en moins, des "c" qui se transforment en "e" et vice-versa, des espaces en trop ou en moins. Des accents qui manquent...

    Exemple :
    chapitre IV : "opposée par certains cotés"

    J'ai repris le corpus sous Word, ici : http://www.sendspace.com/file/hq2bv6

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  11. Bonjour, merci, je suis preneur d'un errata, pour l'instant je constate dans votre version que c'est vous qui rajoutez des fautes (ou vous ne vous basez pas sur la version que je fournis actuellement). Je vais corriger l'erreur que vous signalez, en effet il manque un ^. Mais je n'en ai pas trouvé d'autre.

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  12. J'ai mis à jour la version corrigée (avec "côté"), n'hésitez pas à me signaler si vous voyez d'autres fautes (mais en prenant la dernière version bien sûr).

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  13. Bonjour,

    Je profite de vos compilations pour vous demander quelques sources : au vu des nombreux égarements dans les différents cercles initiatiques que Guénon a mis en avant, je me demandais si il existait des articles où il donnait des précisions sur la régularités des différentes tariqas dans le soufisme. Je m’y intéresse de près en ce moment et il existe de très nombreux cercles. Je sais que Guénon disait que cette multiplicité n'est qu'apparente voir complémentaire, mais peut être que certaines tariqas ont perdu leur caractère opératif pour ne fournir qu'une initiation virtuelle, comme c'est le cas dans la Franc Maçonnerie.

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  14. Bonjour,

    A quels cercles faites vous allusion?

    A ma connaissance, Guénon n'a pas donné dans son œuvre de précisions particulières sur la régularité de telle ou telle tariqah.

    De manière générale, les turuq qui donnent une initiation virtuelle sont celles qui n'ont pas de Maître vivant, et il vaut mieux en choisir une qui a un centre actuel en terre d'Islam.

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  15. Je faisais allusions aux différents groupes que j'ai pu trouver dans mes recherches (Alawiya, Burhaniya, Qadiriya...) et justement le fait que vous parliez de centre avec maître vivant répond en partie aux questions que je me posais. Guénon et Schuon on appartenu à la tariqa Alawiya je crois bien, hors al-Alawi est décédé et son successeur Bentounes à l'air de poser des problèmes de légitimité, de plus je suis assez surpris des "vitrines" sur le net et dans les médias comme celle ci, même si le soufisme est "apprécié" en occident (un peu vu comme les "gentils" de l'Islam au milieu de toutes les âneries proférées). En bref je crains que depuis l'époque de Guénon ces courants ne soient relayés en occident qu'à des apparats d'initiation, tous comme le sont la Franc Maçonnerie dans une très large majorité, mais aussi le yoga ou le tantrisme. Enfin je trouve assez difficile de ne pas se tromper de porte.

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  16. Je vous demandais quels cercles par rapport à votre phrase : "au vu des nombreux égarements dans les différents cercles initiatiques que Guénon a mis en avant", ça m'étonnait parce que je ne pense pas que Guénon ait jamais mis un quelconque cercle en avant, que ce soit ceux auxquels il a appartenu ou non.

    C'est sûr que la régularité est importante pour l'initiation, mais ce qui est encore plus important c'est ce qu'on doit pouvoir trouver en soi-même et par soi-même, c'est pour ça que la passivité est contraire à la démarche initiatique. Rien ne semble vous empêcher d'aller voir ces cercles par vous-même et les connaître directement, pour éventuellement vous rendre plus tard en terre d'Islam pour prendre le rattachement du sheikh.

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  17. Désolé je répond tard, je suis bien d'accord avec vous pour ce qui est de se trouver, mais à part les écrits de Guénon qui peuvent servir de boussole pour trier le grain de l'ivraie dans la pratique je ne sais pas quelle est la différence entre une initiation effective et inefficace. Pour être concret si je pratique le dhikr dans un cercle irrégulier je ne le saurais pas puisque je n'aurais pas vu les effets de celui pratiqué par une tariqa régulière. Mais je me pose peut être des questions trop théoriques, comme vous dites c'est surement un ressenti immédiat en allant essayer. D'ailleurs je n'ai pas pu encore lire l'ouvrage de Guénon sur la Franc Maçonnerie et le Compagnonnage mais je me demandais si il explicitait les rituels réguliers qui officiaient avant la dérive qui à lieu aujourd'hui, car de témoignage très proche il ne s'agit aujourd'hui que de verbiage et de débats moraux ou d'actualité, et ceux même dans les loges déistes.

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  18. J'ai l'impression que vous établissez beaucoup de jugements sans connaître, et d'autre part vous vous plaignez que personne ne vous prenne par la main pour vous dire ce qui est vrai ou faux, je trouve ça assez contradictoire, si vous avez déjà votre avis tout fait à partir de "on dit", alors vous n'avez pas à être inquiet de ne pas connaître, estimant savoir déjà ; mais si vous pensez ne pas connaître ça devrait vous engager à plus de circonspection. Le fait est qu'il faut bien à un moment donné se faire un avis solide par soi-même, quitter la passivité et les opinions toutes faites et fragiles pour des points de vue plus cohérents et justifiés. Je ne pense pas que le ressenti serve pour acquérir quelque chose dans le domaine intellectuel qui est au delà de ça, on peut ressentir un peu n'importe quoi pour des raisons très diverses. Pour la Maçonnerie, je ne vois pas trop en quoi un débat serait un rituel.

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  19. Pour la FM je viens de dire absolument le contraire, le fait qu'il n'y ait que des débats pose l'absence de rituels, et je ne pose pas de jugement mais des questions, précisément parce que je ne connais pas ces domaines en dehors des ouvrages. Il n'y a pas de crainte mais de la méfiance face aux pièges.

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  20. Mais, dans un autre genre c'est comme si vous disiez qu'il n'y a pas de rituels à la messe parce que le prêche est nul : c'est hors sujet. Et désolé si votre façon de poser des questions apparaît sacrément affirmative, on ne doit pas avoir la même conception de la communication.

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  21. Pour la FM c'est l'absence d'exercice de concentration comme un dhikr ou autre forme de concentration qui a poussé mon ami à partir, ça n'est pas un "on dit", juste un conseil par rapport à ce que je cherche et c'est dans ce sens que je parlais de rituel, navré si je me suis mal exprimé. Peu importe je me débrouillerais, merci quand même.

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  22. Pour ça il n'y a pas besoin de faire appel à un ami, il me semble que c'est de notoriété publique que la maçonnerie actuelle ne permet pas l'invocation d'un nom divin, mais entre constater cette absence et affirmer que la maçonnerie ne comporte plus aucun rite, je ne vois pas de lien logique. Notre incompréhension vient sûrement du fait qu'on n'attribue pas le même sens au mot rite.

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  23. Bonjour,

    Je me posais une question à laquelle vous pourrez peut être répondre ou me donner des références bibliographiques que je ne trouve pas. Elle concerne la musique et le sacré: à partir de quand une musique peut elle être considérée comme spirituelle ou même de qualité initiatique? Je me pose plus particulièrement la question en ce qui concerne le monde chrétien. Bach était protestant, mais les méthodes de composition qu'il utilise sont directement en lien avec les références que donne Guénon entre l'harmonie et les mathématiques, enfin c'est une cathédrale sonore. De même pour Messiaen avec l'utilisation des gammes et rythmes synthétiques et dont toute l'oeuvre est dédié au catholicisme. Ici il s'agit d'une fonction davantage exotérique, mais est ce l'intention qui importe? Dans l'autre sens il y'a Coltrane, dont j'apprécie la musique à titre mais personnel mais dans laquelle je ne vois aucune spiritualité, si ce n'est l'intention de l'auteur qui était forcément subjective (en écoutant A Love Supreme je ne me retrouve pas dans le même rapport que les deux autres compositeurs).

    Enfin plus particulièrement sur la musique ou le son et l'initiation, est ce une utilisation particulière du son et du rythme ou l'influence spirituelle qui le commande qui permet d'en faire un outil initiatique? Je pense au Dhikr, au Nadaa Yoga ou même à la liturgie grégorienne dans une certaine mesure. Je prend aussi en compte le rapport au souffle et à la respiration

    Bonne soirée à vous.

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  24. Bonjour,

    Désolé je ne vois pas de référence bibliographique à ce sujet. Je ne m'y connais pas trop en musique, à mon humble avis je pense que la musique traditionnelle est organique, alors que la musique moderne est mécanique. Mais il y a des degrés dans la dégradation de la musique, et je ne suis pas sûr de savoir précisément situer Bach, pour moi ce n'est déjà plus vraiment de la musique sacrée, c'est de la musique tonale couchée sur partition qui peut être interprétée sans difficulté par une machine assez basique (on pourrait d'ailleurs presque croire qu'elle est composée dans ce but), je verrais plus la musique traditionnelle comme de la musique modale, et comme quelque chose vivant avec le musicien. Peut-être qu'une partie de la discussion dans les commentaires de cette page vous intéressera :
    http://oeuvre-de-rene-guenon.blogspot.fr/2014/10/plagiats-de-larcheometre-de-la-gnose.html#comment-form

    Pour Messiaen et Coltrane je ne connais pas. L'intention est sûrement nécessaire, mais je pense que ce qui importe le plus est d'avoir la connaissance suffisante.

    De manière générale, contrairement à une science envisagée de façon profane, une science traditionnelle peut servir de support pour des connaissances d'ordre plus profond, parce qu'elle est envisagée comme rattachée aux principes métaphysiques, je suppose que cette connaissance est nécessaire aussi en musique, pour la composition des morceaux. Une telle musique peut sûrement ensuite perdurer et garder ce caractère, en étant transmise en faisant attention à ne pas la déformer, mais cela doit être difficile si ceux qui la jouent ne comprennent plus les justifications de sa structure.

    Je pense que la différence est que la liturgie grégorienne est une musique religieuse, même si elle pourrait indirectement servir de support à un initié adhérent de cette religion, de même que n'importe quelle science traditionnelle, alors que les mantras ou le dhikr sont directement destinés à un usage initiatique, les influences spirituelles sont donc différentes. Et pour l'usage initiatique c'est la production correcte du son (en rapport avec la science du rythme) qui doit lui permettre de servir de véhicule à l'influence spirituelle, préalablement transmise de façon régulière à celui qui le prononce.

    Bonne soirée.

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  25. Bonjour Tagada,

    Je parcoure l'oeuvre de René Guenon depuis quelques années, et je me suis naturellement intéressé à mettre tout cela en pratique. Je regarde en ce moment les différentes tariqas, et suis notamment tombé sur celle ci : https://www.youtube.com/watch?v=6La-wwEL238

    Je reste quelque peu sceptique sur ce genre de témoignage qui semble plus proche de la religion que de l'ésotérisme, et en plus sur la volonté d'en faire une publicité. Pensez vous que certaines tariqas puissent subir une déviation? J'avais juste besoin d'un regard extérieur.

    Bien à vous,
    V.A

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  26. Bonsoir,

    en effet cela me laisse sceptique aussi, pas tant à cause du contenu que de la façon de le mettre en avant, en plus pour des motifs prosélytes, et le vêtement est bizarre, cette façon de vouloir absolument se faire remarquer, la démarche initiatique ne me semble pas aller dans ce sens. Mais je ne connais pas du tout cette tariqa, c'est juste une impression de premier abord.

    Oui je crois que de manière générale toute organisation initiatique peut dégénérer, dévier, être subvertie, cela dépend des hommes qui y sont admis.

    Bien à vous.

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  27. Bonjour,

    Actuellement en train de lire Mythe, rite & oralité, de l'anthropologue Jack Goody, je m’interroge sur sa conception du mythe en rapport avec celle qu'expose Guénon.

    Goody, en effet, croit pouvoir induire de son expérience sur le terrain auprès des LoDagaa une vérité universelle concernant tout mythe dans les sociétés orales. Il est vrai que son usage pionnier du magnétophone lui a permis de montrer que le mythe du Bagré changeait du tout au tout d’une performance à l’autre, à chaque enregistrement, contrairement à ce que ses récitants prétendent. Ceux-ci pensent en effet transmettre verbatim la tradition, alors que leur mémoire, forcément défaillante selon Goody, doit, en fait, être palliée par leur créativité et leur improvisation continuelle à chaque rituel.

    Assurément, dès lors qu’on admet la nécessité d’examiner le mythe (comme le conte ou la légende) lors de sa performance vivante, on ne peut que réviser toute conception trop fixiste ou trop « parménidienne » du mythe. Mais Goody semble se placer à l’autre bout du spectre, en donnant une conception du mythe entièrement « héraclitéenne » : on ne se baigne jamais deux fois dans le même mythe, aurait-il pu dire. Au point que rien de définitif ne pourrait jamais être dit de tel ou tel récit symbolique traditionnel, objet finalement fugace en constant devenir, du moins pour les cultures sans écriture.

    Sauf que si l'induction faite par Goody à partir de l’exemple frappant du Bagré des LoDagaa est valable (et cela est déjà discutable), il me semble que cela entre largement en contradiction avec ce qu'en dit Guénon, notamment lorsque celui-ci explique qu'un mythe dans lequel entre la "fantaisie individuelle" n'en est plus un.

    Qu'en pensez-vous? Faut-il ne voir dans ce mythe africain qu'une "dégénérescence" due au Kali Yuga, sans aucune représentativité ni aucune valeur universelle?

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  28. Bonjour,

    Il ne me semble pas que Guénon dise que les mythes sont totalement fixés dans leur forme, il dit juste que l'essentiel de la tradition est de nature orale, et que l'écrit est une aide supplémentaire mais qu'il ne se suffit aucunement à lui-même.

    Je ne connais pas l'état de la tradition dont vous parlez, celle-ci peut être dégénérée, ou ce peut être l'anthropologue qui a un parti pris de départ et qui sélectionne les faits pour arriver à la conclusion qui lui plaît.

    Pour le fait de ne voir que le devenir, y compris dans la tradition, cela rentre en effet en contradiction avec Guénon, mais cette tendance avait déjà cours à son époque et il l'a réfutée lui-même, notamment les théories de Bergson, lire par exemple le chapitre sur la superstition de la vie dans Orient et Occident, ou La Crise du Monde moderne, ch. III, ou encore Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. XXXIII.

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